Giselle

Andreea Vizitiu

Giselle
Giselle
Giselle, à l’hôpital, est plutôt quiche que bergamote. C’est une danseuse pas très étoile, tombé du nid de Bolchoï, faute d’une pirouette avec mauvais atterrissage. Heureusement avec son nom de ballet romantique, elle est continuellement à la recherche de grande reconnaissance scénique. Grande nouille sur tous les côtés de son tutu oublié d’ailleurs au vestiaire, Giselle c’est embourgeoisé dans ses rêves de grandeur grâce à l’ajout de la particule « de Bourbon de la Crémaillère ». Giselle danse, déclame des poèmes dans son patois roumain, digne héritière des coutumes et traditions de sa contrée, elle fond en chanson à la rencontre des bébés, autant que devant leurs papas si ceux-ci se trouve propriétaires de grands domaines.

En dessous de sa carapace bourgeoise, Giselle confond souvent partition et éructation. Se laissant allé dans des envolées lyrique d’airs d’opéra, les grandes émotions lui relèvent sa soupape d’aérophagie.
« Une petite bouille de 9 mois, tout juste revenue du bloc opératoire, dans les bras de sa maman, elle s’agite, pleure, soupire. Avec mon partenaire, Bolov, nous essayons de faire naître une chanson au milieu de ses sanglots. Sa maman attrape un mouchoir en papier pour essuyer ses larmes, et machinalement je l’imite. J’en prends une… puis deux et je tente de les animer. Je les pince au milieu et elles se transforment en fleurs… ou en papillon. Tout en chantant, je commence à les faire danser au dessus. Encore un sanglot… puis la curiosité est plus forte. Les petits yeux chassent du regard l’envol des papillons, qui se posent parfois dans les cheveux de la maman. J’en tends un à sa maman, avec un clin d’œil qu’elle peut continuer à les virevolter. On s’éclipse d’une chambre toute silencieuse avec une une petite bouille apaisée. Par la fenêtre, nous observons encore la maman qui continue à tourbillonner les papillons blancs, un tendre sourire d’apaisement s’installe doucement sur son visage. Cette rencontre m’a inspirée pour mon chemin de clown. Les essuie-mains en papier que nous trouvons dans les chambre, sont devenue fétiches pour Giselle.»

Derrière le nez rouge

Andreea Vizitiu
Interprétée par Andreea Vizitiu, Giselle intervient depuis 2010 à l’Hôpital d’enfants de Brabois – CHRU de Nancy