Guy fait partie de la troupe des clowns du Rire Médecin. Il intervient régulièrement dans les hôpitaux d'Ile de France. Pour faire plus ample connaissance, nous lui avons posé quelques questions.

camille clown paris

Devenir clown à l’hôpital était une évidence ?

En 1996, une secrétaire de l'école Lecoq m'appelle et me dit "Tu es toujours clown ? Au Rire Médecin, ils cherchent des garçons". J'ai rencontré Caroline Simonds -fondatrice de l'association, j'ai passé l'audition. Cinq jours plus tard, on m'a appelé pour me dire que j'étais choisi. Je suis étonné d'être là depuis 23 ans et de n'en éprouver aucune lassitude. On appelle peut-être ça la "vocation". Mais je ne le savais pas avant de passer l'audition.

Comment créez-vous le lien avec l’enfant dans sa chambre ?

Grâce aux transmissions, on a une petite idée de l'état de l'enfant. De ce qui se passe dans la chambre. Quand je rentre, j'ouvre toutes grandes mes antennes. Sensible au moindre geste de crainte ou d'intérêt. Ou je freine, ou je fonce. L'enfant a toujours raison. Je prends aussi le pouls de mon partenaire. On avance petit à petit, strate par strate, sans connaître le final de cet événement improvisé. Il y a un grain de folie qui est le propre de l'enfance qui s'active en permanence. Le gamin voit un adulte, certes avec un nez rouge, mais c'est cette part d'enfance, cette énergie de l'enfance qui crée le lien, le sésame. Mais ce n'est pas une recette. Ni une graine.

Que vous apporte Le Rire Médecin en tant qu’artiste ?

Un épanouissement qui ne cesse de grandir avec le temps. Un mouvement où l'art du clown peut se déployer régulièrement, s'affiner. Une prise avec le réel même s'il est souvent extrême. Une confrontation avec le tragique. Des rencontres riches avec des personnalités fortes et exemplaires (quels que soient leur âge). Des exemples de vies. De l'humilité. Du plaisir. De la joie de vivre. Des envies de rigolades. Des performances. Un Art en soi. Qui se distingue de plus en plus des clowns de scènes, de cabaret ou de cirque.